Serge Roy demande : Qui va payer pour les pots cassés ?
À la veille du déclenchement des élections générales, Serge Roy, candidat de Québec solidaire dans Taschereau, publie une lettre ouverte dans laquelle il partage sa perspective sur la crise économique et ce qu'elle représente comme enjeu dans la campagne électorale qui sera lancée demain.
Élections générales au Québec et crise économique
Qui va payer pour les pots cassés du capitalisme ?
par Serge Roy, candidat de Québec solidaire dans Taschereau
1er novembre 2008
Nous serons donc en campagne électorale dans quelques jours parce que Jean Charest, malgré la volonté des Québécois et des Québécoises, en a décidé ainsi. Il est par ailleurs surprenant de constater que les trois partis présents à l’Assemblée nationale ne s’entendent pas sur un plan pour faire face à la crise économique qui s’amorce alors qu’ils ont fondamentalement la même vision de l’économie et de sa place dans l’organisation de la société. À preuve, les député-es de ces partis sont tellement interchangeables que tant les libéraux que les péquistes invitent les adéquistes à joindre leurs rangs! Quelle farce!
En fait, le premier ministre Charest veut profiter de la situation pour tenter d’obtenir un mandat de gouvernement majoritaire pour poursuivre la mise en place de ses politiques essentiellement marquées par l’idéologie du libéralisme économique. L’ADQ essaiera de trouver de nouvelles entourloupettes pour sauver les meubles et le PQ, avec ses mêmes vieilles idées, tentera de faire croire qu’il serait une alternative valable au gouvernement Charest.
Les trois vieux partis voudront sans doute donner l’impression qu’ils prennent leurs distances du néolibéralisme qui nous a conduits à une crise économique planétaire. Libéraux, péquistes et adéquistes ont voulu nous faire croire que les entreprises privées pouvaient faire mieux que le secteur public, qu’il valait mieux diminuer les impôts, réduire les services publics et les programmes sociaux, qu’il était impératif de déréglementer pour intéresser davantage les investisseurs, qu’il fallait faire confiance au marché pour connaître des jours meilleurs, et tant d’autres choses encore.
La confiance aux financiers et à leurs serviteurs politiciens : ça va faire!
Ça va faire, la confiance aveugle! Ni les démunis, ni la classe moyenne n’ont intérêt à donner un «chèque en blanc» à l’un ou l’autre des partis présents à l’Assemblée nationale pour trouver des solutions aux problèmes qui nous attendent : chômage, diminution et insuffisance des revenus personnels, menace sur les régimes de retraite, accès plus difficile au crédit, etc. Nous risquons de voir augmenter le nombre de personnes démunies devant recourir à l’aide sociale ou se retrouvant dans la rue aggravant le phénomène de l’itinérance si les politiques appliquées depuis une vingtaine d’années sont maintenues. Les inégalités économiques ne cessent de croître et dans une circonscription comme Taschereau, il n’est pas étonnant de constater que cette croissance est accompagnée d’inégalités importantes de santé.
Pour passer à travers la crise et éviter qu’elle ne se répète
Des mesures sont nécessaires, non pas pour sauver le capital, mais pour protéger l’ensemble de la population par des mesures porteuses d’avenir et de justice sociale. Ce ne sont pas les banques et les grandes entreprises qu’il faut aider, ce sont les citoyennes et les citoyens ordinaires ! C’est dans cet esprit que Québec solidaire propose de nous donner les moyens de construire une économie fondée sur l’autonomie des régions et des localités.
À très court terme, il faut des mesures concrètes pour protéger les régimes de retraite, il faut augmenter le salaire minimum à 10,50 $ l’heure pour améliorer les conditions de vie des plus pauvres, il faut modifier le régime d’aide sociale pour couvrir les besoins essentiels des personnes assistées sociales et abolir les réductions discriminatoires pour les femmes recevant des pensions alimentaires.
Ce ne sont là que quelques unes des mesures utiles pour traverser la crise. Il faut bien davantage. Il faut changer le système. Il faut construire une économie solidaire et écologique qui ne soit plus dépendante du jeu compulsif de la bourse, de la spéculation des financiers, de l’appétit des multinationales pour des profits qui ne sont jamais suffisants pour elles.
Il y a des alternatives aux politiques de droite des trois partis traditionnels. C’est pourquoi j’invite la population à prendre en considération les propositions de Québec solidaire et à les appuyer concrètement pour passer un message clair au futur gouvernement. Plus il y aura de votes Québec solidaire, plus il y aura de représentantes et représentants de Québec solidaire à l’Assemblée nationale, plus le message sera fort et efficace.



