La vie dangereuse du piéton dans notre quartier

Un récent dossier du journal La Presse a mis en lumière les dangers que courent les piétons à Montréal. Le nombre de piétons fauchés est en hausse à Montréal et ce, particulièrement dans nos quartiers centraux. En général, les pauvres et les enfants sont les premières victimes des automobilistes. Ironiquement les piétons les plus à risque sont ceux qui habitent les quartiers où il y a le moins de propriétaires d’automobile per capita. Ainsi, l'inégalité est double. Non seulement les gens qui habitent Ville-Marie et Hochelaga-Maisonneuve sont parmi les plus pauvres, mais en plus ils sont plus nombreux à être victimes d’accidents de la route, parmi lesquelles 20% ont moins de 18 ans. Si vous habitez un quartier pauvre, vous avez 5,2 risques sur 1000 d'être heurté et 1,4 sur 1000 dans un quartier riche.

De plus, ceux qui sont à l'origine des impacts ne sont pas résidants de nos quartiers où il y a très peu de mesures d'apaisement de la circulation, contrairement à Outremont par exemple. Les automobilistes utilisent nos rues comme transit pour se rendre au travail ou rentrer au foyer. Mais ce sont sur ces mêmes rues que nous marchons et que nos enfants jouent et reviennent de l'école.

Or que fait la Ville et le gouvernement du Québec pour changer la situation? Les deux paliers de gouvernement envoient un message contradictoire. D'une part, la Ville s'est engagée à dépenser entre 6 et 9 millions pour sécuriser les intersections et diminuer la vitesse. Ce sont de bonnes résolutions, mais le problème réside principalement dans l'accroissement de la circulation automobile. Solution du gouvernement: construire le pont de l'autoroute 25 et transformer la rue Notre-Dame en une autoroute à huit voies à la porte de nos quartiers. Non seulement cela aura pour effet d'augmenter la circulation automobile, mais en plus les automobilistes qui arriveront à vive allure dans nos rues auront vite oublié qu'ils se trouvent au coeur de la ville.

Nous devons interpeller notre député Martin Lemay, qui se fait le chantre du retour des familles dans le quartier. Malheureusement notre député nous accable de son silence. En revanche, la Coalition pour humaniser la rue Notre-Dame est un lieu où nous pouvons intervenir et défendre nos intérêts. Ce n’est pas de plus d'automobiles dont nous avons besoin, mais de transports collectifs efficaces.

Pierre-Paul St-Onge

Président du comité de coordination

Québec solidaire Sainte-Marie-Saint-Jacques