Discours du candidat Richard Gingras

Vers la fin des années 70, j’étais étudiant au Cégep du vieux Montréal. Un des travaux de sociologie que nous devions présenter portait sur la question de l’environnement. On fournissait à un méga ordinateur du temps l’ensemble des données scientifiques recueillies sur la question afin qu'il les analyse et qu'il nous fournisse des réponses nous permettant d’en arriver à une conclusion et de produire un rapport. La conclusion qui s'est imposée à la suite de cette expérience devint le titre de ce rapport : Halte à la croissance! et les recommandations en découlant ressemblaient à ceci : Stoppez tout! — Réfléchissez! —Réorientez et appliquez!

 

Or, la croissance s’est poursuivie. Le produit intérieur brut du pays et des provinces, notre fameux PIB, n’a cessé d’augmenter et on nous a constamment présenté ces résultats comme étant de très bonnes nouvelles. Il semble qu'il serait même souhaitable et « lucide » de poursuivre dans cette voie d’avenir… Mais de quel avenir parlons-nous?

 

Je me questionne sérieusement sur cette « lucidité » quand des gens tels Jean Charest et les autres membres de son allégeance politique se réjouissent candidement en nous annonçant que tout va bien au Québec puisqu'ils ont la cote (Moody’s) ou qu'ils tentent de nous inquiéter quand le PIB n'augmente pas. Puisque dans ce pays nous ne pouvons élire les chefFEs de l’État au suffrage universel, ce sont ces personnes qui détiennent le pouvoir, qui contrôlent le budget et l’organisation sociale alors qu'ils se font élire par une minorité de gens.

 

Dans ces analyses du prétendu « développement », il est étonnant de constater le peu d’intérêt réel que l’on accorde à l’urgence environnementale. Il n’existe tout simplement pas de calcul des PEB (Pertes environnementales brutes). D’ailleurs quand les gens osent réfléchir à cette question, c’est encore une fois l’argent qui oriente les discours et non le bien commun.

 

Comment régler la question de l’environnement sans nuire aux profits, sans arrêter la supposée création de richesse, discours très à la mode ces temps-ci? Mais j’y pense, le mot « créer », quand j’étais petit, ne s’appliquait-il pas qu'à Dieu seul? Aurait-on, sans nous en rendre compte, changé de religion pour adopter celle de la finance, de la fiscalité et des profits, par laquelle tout, mais absolument tout, doit être analysé?

 

Un exemple banal d'une recette de supposée création de richesse : prenez deux tonnes de sable bitumineux sous la forêt boréale du nord-ouest du pays, combinez de 2 à 5 barils d’eau propre et vous obtenez un baril de pétrole dit rentable. Avec en prime 37 % d’augmentation des gaz à effet de serre se déplaçant vers l’est, un lac d’eau noire toxique impossible à dépolluer de la grandeur du Lac Memphrémagog et autour duquel on doit tirer des coups de canon pour empêcher les animaux de s'en approcher, tout cela près d’une rivière naturelle. Résultat : PIB augmenté, PEB non calculées, une hypothèque sur notre avenir portant intérêt à des taux très élevés qui, tôt ou tard nous seront exigés.

 

Comme disent les vrais politiciens, « Mes amis… », on a de la job à faire! Nous aurons besoin de gens qui oseront le futur, un futur solidaire, tel que souhaité par Hubert Reeves qui déclarait que le prochain millénaire serait celui de la coopération et des solidarités humaines ou bien qu'il ne serait pas. Voilà une phrase lucide. Soyons donc solidaires.

 

Nous voulons offrir ensemble une voie(x) à l’environnement pour refaire des gains réels à cet égard : reboisement dans nos campagnes, soutien à une agriculture toujours plus humaine, mise en place de mesures concrètes visant à retrouver notre rivière, étiquetage obligatoire des OGM, reconnaissance et protection de l’eau comme bien public dans le Code civil du Québec, nationalisation de l'énergie éolienne…

 

Nous voulons offrir une voie(x) aux gens, car ils sont et font partie de l’environnement : salaire minimum à 10 $ l’heure, trois semaines de vacances pour touTEs dès la première année d'emploi, égalité entre femmes et hommes, mise en chantier de logements sociaux abordables le plus écologiques possible, transport en commun nettement amélioré dont un train de banlieue reliant Saint-Hyacinthe à Montréal.

 

Nous voulons offrir aussi une voie(X) aux employés de l’État par l’abolition des lois antisyndicales et antidémocratiques adoptées par l'entremise de baillons répétés, aux gens de l’éducation en améliorant les conditions d’enseignement, au secteur communautaire par la reconnaissance financière et par le respect des mandats spécifiques, aux étudiantEs par une éventuelle gratuité des études, aux femmes là où les situations réduisent leurs revenus et leurs possibilités, aux gens de la santé par des solutions applicables telle la mise sur pied de Pharma-Québec et par la renégociation de conditions de travail qui provoquent des pénuries d’infirmières.

 

Nous voulons procéder à une réforme en profondeur de la fiscalité de façon à réorganiser les paliers d’impôt, à rétablir un nouvel équilibre des paiements de l’impôt entre les particuliers et les entreprises, à lutter contre l’évasion et l’évitement fiscaux, à abaisser le maximum des contributions déductibles pour l'achat de REER, à taxer davantage l’utilisation de matières polluantes et de luxe.

 

Un autre Québec est possible, un Saint-Hyacinthe amélioré est possible. Soyons lucides, votons solidaires.

 

Richard Gingras, candidat

Québec solidaire-Saint-Hyacinthe

www.quebecsolidaire.net/saint-hyacinthe