Le Partenariat nord-américain pour la sécurité et la prospérité… de qui?
Les 21 et 22 août, se tiendra au Château Montebello, dans l’Outaouais québécois, la troisième rencontre des leaders canadien, étasunien et mexicain – Harper, Bush et Calderón– dans le cadre du Partenariat nord-américain pour la sécurité et la prospérité (PSP).
Ce partenariat a ceci de particulier : il inclut des membres des plus hautes sphères économiques dans le processus décisionnel entourant des négociations internationales. C’est d’ailleurs le très puissant Conseil canadien des chefs d’entreprises qui était à l’origine de cet ultime partenariat public privé. L’objectif était de concilier les intérêts économiques derrière l’ALÉNA avec les considérations de sécurité émanant de la guerre étasunienne contre le terrorisme.
Les grandes entreprises qui ont revendiqué l’ouverture des marchés, la privatisation, la déréglementation et une réduction des dépenses sociales et qui en ont profitées, avaient besoin d’un nouveau mécanisme pour poursuivre leur œuvre dans le contexte de cette guerre. Elles ont revendiqué de nouveau et elles ont bien été servies, tellement, qu’elles ont amélioré leur capacité d’influencer le pouvoir politique. En effet, aujourd’hui elles sont assises à la même table que les chefs de gouvernements pour faire valoir leurs points de vue, alors que les parlementaires sont complètement exclus du processus.
Les rencontres concernant le PSP ne sont pas seulement exclusives, elles sont également secrètes. Ce copinage incestueux en catimini entre le pouvoir économique et le pouvoir politique est indécent, anti-démocratique et dangereux.
Déjà, les rencontres passées sur le PSP ont donné lieu à des décisions en faveur de l’extraction et de la livraison accélérées des ressources pétrolières et hydrauliques canadiennes à l’économie étasunienne, l’approfondissement du partenariat économique avec les États-Unis et l’inclusion des frontières du Canada et du Mexique dans le périmètre de sécurité étasunien. D'autres sommets suivront et d’autres décisions désastreuses pour les divers peuples visés sont inévitables. De plus le caractère fermé du processus sur le plan démocratique fait en sorte que ces décisions ne seront pas débattues publiquement.
Notons également que cette initiative coïncide avec le changement du rôle international des Forces canadiennes (FC) vers des opérations guerrières en partenariat avec l’armée étasunienne. En février 2005, le budget du gouvernement libéral minoritaire annonçait la plus forte augmentation des dépenses militaires depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale (12,8 milliards de dollars sur 5 ans). Cette orientation a été poursuivie et renforcée par les politiques du gouvernement Harper.
Ce choix budgétaire et l’orientation politique qui le sous-tend, n’ont rien à voir avec la sécurité et la prospérité de la population. C’est plutôt un investissement dans la destruction alors qu’il y a tant de besoins non comblés ici et ailleurs dans le monde.
À l’occasion du sommet à Montebello, plusieurs manifestations sont organisées et Québec solidaire-Outaouais invite la population à y participer. En soi la présence de George Bush sur le sol québécois est une raison pour se mobiliser, mais au-delà de la présence d’un criminel de guerre, il y a lieu de dénoncer le PSP.

