Québec solidaire s’adresse à l’UNESCO au sujet de la protection de l’Arrondissement historique du Vieux-Québec

 

Québec solidaire Capitale-Nationale rend publique une lettre qu’elle transmet aujourd’hui au Centre du patrimoine mondial de l'UNESCO au sujet de la protection de l’Arrondissement historique du Vieux Québec, un site inscrit à la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.  Cinq exemples à l’appui, nous démontrons que la « Convention concernant la protection du patrimoine mondial culturel et naturel » n’est pas prise suffisamment au sérieux par les autorités municipales, provinciales et fédérales, et que le développement immobilier privé et les besoins touristiques passent trop souvent avant la valorisation du patrimoine collectif et la qualité de vie des citoyens et citoyennes dans leur quartier.

La lettre de Québec solidaire Capitale-Nationale au Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO est annexée comme « fichier joint ». 

Nous reproduisons ci-dessous le communiqué de presse transmis aux médias.

 

Communiqué de presse

 

Vieux-Québec : Protection du patrimoine mondial

Québec solidaire s’adresse à l’UNESCO

Québec, le 17 avril 2008    Québec solidaire Capitale-Nationale transmet aujourd’hui une lettre au Centre du patrimoine mondial à l’UNESCO pour faire connaître son inquiétude quant à l’incapacité des autorités municipales, provinciales et fédérales de protéger adéquatement « l’Arrondissement historique du Vieux-Québec », un bien inscrit depuis 1985 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. 

Selon la « Convention concernant la protection du patrimoine mondial culturel et naturel » établie en 1972 et dont le Canada est signataire depuis 1976, les États qui sont parties à cette Convention doivent s’assurer que les biens inscrits sont protégés sur le plan juridique et qu’il y a un plan de gestion pour assurer leur entretien.  Les États sont également encouragés à présenter à l'UNESCO des rapports sur l'état de conservation de ces biens.

Dans sa lettre au Centre du patrimoine mondial à l’UNESCO, Québec solidaire Capitale-Nationale décrit cinq exemples spécifiques pour démontrer que les autorités ne prennent pas au sérieux leurs obligations en vertu de la Convention de l’UNESCO signée par le Canada.   Les cinq exemples choisis sont : (1) la destruction de l’Église et du Patro Saint-Vincent-de-Paul en 2006, sans que le projet n’ait été approuvé,  (2) la demande de la ville de Québec d’exclure la Côte d’Abraham de l’arrondissement historique aux fins de protection, (3) le projet de l’îlot des Palais stoppé durant sa réalisation en décembre dernier, sans proposition alternative en vue, (4) la National School ou Maison Loyola sur la rue d’Auteuil lourdement endommagée et placardée depuis 2001, et qui aurait pu être rénovée pour être utilisée pour les œuvres  dela Maison Dauphine (venant en aide aux jeunes décrocheurs) et (5) les Nouvelles Casernes dans la Côte du Palais, dont la restauration aurait pu être le cadeau de la France pour le 400e, mais qui sont toujours en attente d’une nouvelle vocation.  Tous ces exemples concernent des sites et des constructions uniques, dont l’histoire est entrelacée à celle de la ville, et qui mériteraient des interventions résolues des autorités publiques plutôt que l’apathie ambiante des dernières années.

Selon Serge Roy, porte-parole régional de Québec solidaire : « Ce qui est très clair, c’est que les autorités municipales de Québec accordent de moins en moins d’importance à la protection et la conservation de l’arrondissement historique.  Le gouvernement du Québec démontre plus de sensibilité, mais ce n’est pas clair s’il a l’intention d’intervenir résolument et rapidement.  Quant au gouvernement fédéral, bien qu’il soit l’État signataire de la Convention,ceux et celles qui comprennent la politique de ce pays savent très bien qu’il n’intervient pas dans ce genre de dossier à caractère culturel, sauf peut-être s’il est interpellé par une organisation internationale.  C’est une des raisons pour lesquelles nous nous adressons à l’UNESCO. »

Selon Québec solidaire Capitale-Nationale, le contexte actuel est particulièrement propice pour soulever cet enjeu :

  1. Le Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO tient sa réunion annuelle du 2 au 10 juillet prochain, ici même à Québec.  Il y a lieu d’espérer que les membres du Comité ne visiteront pas seulement les lieux qu’on voudra leur montrer, mais aussi ceux qui font l’objet de controverses.
  2. La présidence du Bureau du Comité du patrimoine mondial est présentement assurée par le Canada. De plus, le siège de l’Organisation des villes du patrimoine mondial (OVPM/OWHC) se trouve sur la rue St-Pierre, dans l’Arrondissement du Vieux-Québec.  Il s’agit d’une bonne occasion pour demander au gouvernement fédéral, signataire de la Convention, d’expliquer la contradiction entre, d’une part, l’empressement à vouloir reconstruire le Manège militaire qui est à l’extérieur de l’arrondissement historique, et d’autre part, l’absence d’intérêt pour les projets controversés à l’intérieur de l’arrondissement historique.
  3. Le gouvernement du Québec tient présentement une consultation publique itinérante au sujet de la révision de la Loi sur les biens culturels.  Ce devrait être une occasion, en invoquant les obligations de la Convention, de renforcer le pouvoir d’intervention du gouvernement du Québec pour contrer les déficiences constatées au niveau de la gestion municipale qui favorise à l’excès le développement immobilier et touristique, aux dépens de la mise en valeur du patrimoine historique et de la vie communautaire des résidents.  D’ailleurs, le mémoire déposé par le Comité de citoyens du Vieux-Québec (CCVQ) allait dans ce sens.
  4. Récemment, l’administration municipale a recommandé que la Côte d’Abraham soit retirée du périmètre du Vieux-Québec, pour soustraire cette portion de territoire aux obligations de protection de la Convention de l’UNESCO.  C’est comme dire que les quartiers favorisés de la haute-ville méritent d’être protégés, mais pas les quartiers défavorisés de la basse-ville.
  5. Dans le dossier (évoqué plus haut) de la façade de l’Église Saint-Vincent-de-Paul, la conseillère municipale Madame Anne Guérette a réclamé récemment que le promoteur privé soit mis à l’amende pour la destruction illégale du Patro St-Vincent. Malheureusement, ce qui s’est plutôt passé, ce sont des négociations en secret entre le promoteur privé et le gouvernement du Québec, sans la participation des organismes du milieu.
  6. La Ville de Québec célèbre ses 400 ans cette année, ce qui devrait donner lieu à une prise de conscience renouvelée de l’importance de la protection et de la mise en valeur du patrimoine culturel et naturel de notre région.  Pourtant, malgré les 100 millions $ consacrés aux célébrations de cet anniversaire, des questions ont été soulevées quant au peu de place accordée à l’histoire du patrimoine architectural et culturel et à l’histoire de l’occupation du territoire urbain par les citoyens et citoyennes.

En attirant l’attention de l’UNESCO, Québec solidaire Capitale-Nationale espère à la fois alerter l’opinion publique et faire réagir le gouvernement du Québec et le gouvernement fédéral. 

Compte tenu des complexités de juridiction multiple entre nos trois paliers de gouvernement (Ville de Québec, Gouvernement du Québec, Gouvernement du Canada), nous croyons que l’expertise du Centre du patrimoine mondial pourrait être mise à contribution. Il ne s’agit évidemment pas de demander de l’assistance financière à l’UNESCO, mais de faire appel aux experts du Centre du patrimoine mondial, qui ont travaillé avec d’autres États fédérés à juridictions partagées. Le Centre pourrait offrir des services de consultation et de médiation pour aider nos trois paliers de gouvernement à mettre en place un plan de gestion concerté, de manière à ce que le Canada puisse devenir un pays exemplaire quant au respect de ses obligations à l’égard de la Convention concernant la protection du patrimoine mondial culturel et naturel.

Serge Roy conclut : « Nous intervenons dans ce dossier parce que nous sommes très inquiets du dangereux glissement des dernières années dans la région de Québec.  Le développement immobilier privé et les besoins touristiques passent trop souvent avant la valorisation du patrimoine collectif et la qualité de vie dans les quartiers.  Il faut que cette tendance soit renversée. »

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Informations : Jean-Yves Desgagnés, 418-262-0387

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