
À Québec, Amir Khadir déboulonne les faux arguments du rapport Castonguay
Capitale-Nationale, le 24 février 2008
Plus d’une centaine de membres et de sympathisantEs de Québec solidaire de toutes les circonscriptions de la région sont venuEs rencontrer et entendre Amir Khadir le 23 février au Centre Monseigneur-Bouffard, au cœur du quartier Saint-Sauveur, à l’occasion d’un souper-bénéfice. Québec solidaire Capitale-Nationale avait invité le porte-parole national de leur parti à venir partager ses réactions au rapport Castonguay et ses réflexions sur le financement de la santé au Québec.
Chiffres, graphiques et expérience personnelle à l’appui, Dr Khadir a démontré comment, au fil des ans, les gouvernements du PQ et du PLQ nous ont faire croire toutes sortes de contre-vérités au sujet de nos dépenses collectives en santé, et comment ces fausses croyances, après avoir été utilisées par le PQ pour justifier la mise à la retraite de milliers d’infirmiers/ères et médecins ainsi que la réduction du nombre de médecins formés dans nos universités, sont maintenant invoquées par le PLQ et l’ADQ pour justifier une place de plus en plus grande au secteur privé, financé à même les fonds publics.
Amir Khadir a notamment démontré que :
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Les comparaisons entre le Québec et d’autres juridictions sont souvent faussées parce que les données du Québec incluent aussi les services sociaux. Il est faux de prétendre que la santé gruge 40% du budget du Québec ; il s’agit plutôt d’environ 30%, un taux comparable à la moyenne des autres provinces.
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C’est faux de prétendre que nos dépenses en santé explosent. En réalité, elles sont virtuellement stables depuis plus de deux décennies par rapport à notre produit intérieur brut.
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De toutes les catégories de dépenses en santé, les coûts des médicaments (payés aux compagnies pharmaceutiques) sont parmi ceux qui augmentent le plus vite.
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Parmi les pays de l’OCDE, le Canada et le Québec sont parmi ceux qui, déjà, laissent le plus de place au privé dans la santé. Au Québec, environ 30% des dépenses en santé sont déjà dirigées vers le privé.
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Les États-Unis, qui laissent une large place aux fournisseurs privés et aux compagnies d’assurances (ce que M. Castonguay nous recommande de faire ici), dépensent globalement beaucoup plus que nous (16% de leur PIB comparativement à 11% chez nous), tout en laissant tomber des millions de citoyenNEs qui ne peuvent pas se payer des assurances privées.
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Des études, dont certaines très récentes, établissent que le recours accru au privé dans des pays comme le Royaume-Uni et la Nouvelle-Zélande a augmenté les dépenses totales en santé et n’a pas amélioré, globalement, ni l’accessibilité aux services, ni leur qualité.
Des citoyenNEs et des militantEs présentEs ont déploré que les médias ne fassent pas écho à ceux et celles qui, comme le Dr Khadir, décortiquent les prémisses mêmes sur lesquelles s’appuient M. Castonguay et le gouvernement Charest pour favoriser la multiplication et la croissance des cliniques privées. Si le diagnostic est faussé, comment peut-on avoir confiance au remède proposé ?
Les réactions exprimées par les partis politiques du Québec suite à la parution du rapport Castonguay sont si différentes qu’elles ont l’avantage de bien mettre en lumière les valeurs que chacun défend. L’ADQ endosse la plupart des mesures proposées par M. Castonguay, y compris le ticket modérateur déguisé, une véritable taxe sur la maladie. Le PLQ a rejeté certaines des recommandations du rapport, mais s’est réaffirmé en faveur de la participation accrue du privé en santé, ce qui signifie la poursuite de l’utilisation de fonds publics pour financer le développement de cliniques privées qui siphonnent les ressources humaines du système public, rendant d’autant plus difficile l’amélioration de l’accessibilité. Le PQ, lui, n’a rien dit ; ça ressemblait à : « nous sommes ni pour, ni contre, bien au contraire ».
Québec solidaire est le seul parti à se prononcer sans équivoque contre l’augmentation du recours au privé en santé, et plutôt pour le renforcement du système public, notamment par l’augmentation des places en soins de longue durée, l’amélioration des services à domicile et l’augmentation des investissements en prévention, trois mesures qui auraient un impact positif certain sur l’accessibilité. Québec solidaire continue aussi de mettre de l’avant sa proposition de créer Pharma-Québec, un pôle de recherche pharmaceutique et d’achats de médicaments, une façon concrète de réduire les coûts totaux des médicaments, une des catégories de dépenses de santé qui croissent le plus rapidement, au profit des compagnies pharmaceutiques.
Un vidéo de cette allocution d’Amir Khadir du 23 février sera bientôt disponible sur le site web de Presse-toi à gauche ! à www.pressegauche.org. [Note ajoutée le 26 février : le vidéo est maintenant en ligne à http://www.pressegauche.org/spip.php?article1691.] [Note ajoutée le 3 mars : En raison de la mauvaise qualité sonore de l'enregistrement, Presse-toi à gauche ! l'a retiré de son site.]
Québec solidaire Capitale-Nationale continuera de militer, avec les organismes du milieu, dont la Coalition Solidarité Santé (http://www.solidaritesante.qc.ca/francais/manifeste.html), la FTQ (http://www.ftq.qc.ca/modules/nouvelles/nouvelle.php?id=1725&langue=fr) et la CSN (http://www.csn.qc.ca/Campagnes/public-sante-2007/index.html), pour le renforcement de notre système public de santé, accessible à tous et toutes. Pour nous joindre : capitale-nationale@quebecsolidaire.net.
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