Discours d'investiture Françoise David, 6 avril 2008
Discours d’investiture
Françoise David
6 avril 2008
Merci… vraiment merci beaucoup pour ces témoignages de confiance et d’affection. J’espère mériter toujours votre appui. Et parlant d’appui, je voudrais vous présenter des personnes qui, souvent dans l’ombre, travaillent très fort pour faire de notre association locale un lieu de débats, un lieu de vie démocratique et aussi un lieu d’organisation de notre intervention dans notre circonscription.
Donc, j’invite les membres du Comité de coordination de Québec solidaire Gouin à venir en avant et je vous invite à les accueillir chaleureusement!
Je voudrais souligner tout particulièrement l’apport du co-porte parole et coordinateur de Gouin, Alexandre Warnet. Alex nous quitte pour une université lointaine, il ne se représente donc pas au comité de coordination. Alex, je te remercie de tout cœur pour ces quatre années passées au sein de l’équipe locale de Gouin, dont tu fus certainement l’âme et le pilier. Merci aussi pour m’avoir si bien accompagnée, avec patience et bonne humeur tout au long de la dernière campagne. Tu étais devenu un peu mon fils adoptif, tu me manqueras beaucoup!
Merci aussi à tous les militants et militantes qui, depuis la dernière campagne, donnent de leur temps au sein de notre association locale. Merci en particulier à ceux et celles qui ont préparé le bel événement d’aujourd’hui.
Je tiens à remercier enfin les membres de ma famille qui sont présents à chaque moment important de ma vie politique. Un gros merci, bien sûr, à mon conjoint, François, un allié, un complice, un amoureux, depuis bientôt 22 ans.
La prochaine élection
Lors de la dernière élection générale, grâce à la persévérance et à la générosité de mon équipe électorale, grâce à l’appui de bien des personnes présentes dans cette salle, j’ai obtenu la deuxième place dans Gouin avec 26% des voix. Un résultat satisfaisant pour une première campagne dans un comté péquiste depuis à peu près 30 ans. Eh bien, j’ai quelque chose à vous dire : je veux, avec vous, travailler de toutes mes forces pour devenir la première députée de Québec solidaire dans Gouin dès la prochaine élection!
C’est possible! Pas encore gagné mais tout à fait possible!
Je vous parle un peu du travail qui se fait dans Gouin par Québec solidaire. Après l’élection de mars 2007, nous avons analysé soigneusement les résultats électoraux. Nous connaissons maintenant notre quartier par cœur. Nous savons où on vote QS et où il faut gagner le cœur et l’esprit des gens. Nous avons organisé des équipes d’intervention dans chaque coin. Nous faisons du porte à porte dans les rues, dans les coops, dans les HLM, nous invitons les citoyennes et citoyens à des assemblées de cuisine ou à des soirées politiques dans des cafés ou des bars. Nous avons organisé ici-même, avec nos amis-es de Rosemont, une belle soirée dont la conférencière fut Laure Waridel. Grand succès que cette soirée : 80 personnes dont plusieurs sont devenues membres de QS. Nous avons participé à la Saint-Jean-Baptiste, à la vente-trottoir de la Plaza, à la guignolée du quartier, nous rencontrons régulièrement des organismes, nous sommes présents lors des activités importantes du milieu. Par exemple, nous serons présents à la marche du 19 avril contre la fermeture de l’usine Golden Brand. 540 emplois occupés surtout par des femmes immigrantes et une compagnie multinationale qui craint seulement de faire un peu moins de profits à cause de la hausse du dollar canadien. Une honte!
Tout cela porte fruit. Je n’ai jamais reçu autant de sourires et de poignées de main dans mon quartier! La plupart des gens savent désormais qui je suis et ce qu’est Québec solidaire. Il faut continuer sans relâche et nous gagnerons cette élection!
Pourquoi une députée solidaire dans Gouin?
Et pourquoi aussi dans Mercier et si possible dans d’autres comtés? Parce qu’il est temps qu’il y ait à l’Assemblée nationale des voix qui portent la parole des travailleurs et des travailleuses, inquiets de perdre leur job, ou qui travaillent dans des conditions de précarité inégalée. La parole des familles et surtout des femmes, qui n’en peuvent plus de courir : métro-garderie-boulot-dodo. La parole des aînés-es qui ne se sentent pas respectés par les politiques gouvernementales de diminution des services publics. La parole des jeunes à qui on dit qu’il faut payer de plus en plus cher pour être instruit. La parole des personnes appauvries, souvent immigrantes, à Montréal, en quête d’un emploi de qualité et vivant, en attendant, de prestations honteusement maigres.
Qu’est-ce que Québec solidaire, qu’est-ce qu’Amir et moi, irons dire dans cette enceinte des élus du peuple?
D’abord, qu’il nous faut choisir comme société entre l’indifférence ou la solidarité. Entre la prospérité pour tous et toutes et la richesse pour quelques-uns. Ensuite que la planète est en danger et que ce n’est pas un conte à dormir debout. Enfin, que nous avons la possibilité et le droit de rêver un projet démocratique écologiste, féministe et de gauche et de trouver les voies de sa réalisation.
Ne croyez-vous pas que juste ça ferait déjà la différence? Fini le ronronnement des bien-pensants, des bien-assis, des incrédules (« Ce n’est pas possible, il faut s’adapter »), des sceptiques (« Vous rêvez en couleur! »), des prophètes de malheur (« Il n’y a pas de richesse au Québec! »), fini la complaisance envers les faux gourous de la finance…Bienvenue l’audace, les propositions alternatives, la mobilisation citoyenne pour une démocratie vivante, pour des projets à la fois écologistes et créateurs d’emplois, pour des services publics universels et de qualité, pour réduire les inégalités sociales et économiques de façon significative.
Imaginez-nous, Amir et moi, proposant de nouvelles mesures fiscales qui obligent les grandes entreprises à payer la totalité de leurs impôts, et les contribuables à revenu élevé à faire vraiment leur part! À partir de là, imaginez un État qui a les moyens d’agir!
Suivez-nous en commission parlementaire, en train de proposer un vrai pacte solidaire pour l’emploi :
- soutien de l’État à des projets écologistes, à des coopératives, à des entreprises d’économie sociale, par exemple, dans le champ culturel.
- appui véritable du Ministère de l’emploi et de la solidarité sociale à des mesures d’insertion au travail où l’on accompagne les gens aussi longtemps que nécessaire, avec patience et confiance, une vieille demande des organismes communautaires.
- révision en profondeur de la Loi sur les normes du travail : les travailleurs et travailleuses embauchées par les Agences de placement auront les mêmes droits que les autres. Hausse importante du salaire minimum, allongement des vacances pour tous et toutes, congés payés pour responsabilité parentale, horaires flexibles pour favoriser la conciliation famille-travail.
Regardez-nous au canal parlementaire, dénoncer vigoureusement le prolongement de la 25, le nouveau pont, la transformation de la rue Notre-Dame en autoroute et réclamer plus d’argent pour le transport en commun. Voyez-nous dénoncer le projet de port méthanier à Lévis et proposer plutôt la nationalisation du secteur de l’éolien. Nous sommes les seuls à dire tout cela!
Et puis, rêvez du jour où nous irons nous battre avec force à l’Assemblée nationale contre toutes les tentatives sournoises de privatisation du système de santé. Car, sachez-le, malgré la décision du ministre Couillard de ne pas retenir les propositions les plus détestables du rapport Castonguay, la privatisation avance à grands pas. Lisez l’Actualité de ce mois-ci : « le Québec, paradis des soins de santé privés»! La population a-t-elle consenti à ce que l’on brade ainsi des services publics essentiels? Je pense que non.
Nous irons donc à l’Assemblée nationale continuer de jouer un rôle que nous assumons déjà : celui d’une véritable opposition officielle à la privatisation de la santé. Qui est allé devant la clinique Rockland le jour de son ouverture? Qui a dénoncé les conclusions du rapport Castonguay dès la première minute? Qui a démontré que le privé dans la santé coûte plus cher et génère des tonnes d’injustices? Qui mieux que Québec solidaire parle haut et fort en faveur des CLSC, pour l’accroissement des budgets dévolus au maintien à domicile, pour un soutien véritable aux proches aidantes, pour un appui accru aux organismes communautaires?
Et de façon générale…
Qui mieux que nous établit un lien essentiel entre écologie et justice sociale? À quoi sert, par exemple, de mieux soutenir l’agriculture biologique si les produits demeurent inaccessibles financièrement à une bonne partie de la population? Comment défendre l’achat chez-nous qui permettrait de sauver au moins en partie l’industrie manufacturière si les mères de famille magasinent dans les grandes surfaces faute de revenus suffisants? Qui saura mieux que nous expliquer que la pollution rend malade et qu’il faut préférer la lutte aux changements climatiques à la prolifération de médicaments de plus en plus coûteux? Qui exigera la mise en oeuvre de la Loi contre la pauvreté et l’exclusion, une loi adoptée unanimement par l’Assemblée nationale en 2002 mais jamais véritablement appliquée? Qui plaidera pour un Québec inclusif, un Québec de Montréal et des régions, un Québec français et ouvert à la différence? Un Québec où le racisme n’a pas sa place…
Qui mieux que Québec solidaire pourra, enfin, proposer au peuple québécois une démarche de souveraineté populaire et inclusive? Car que souhaitons-nous, sinon un pays solidaire qui s’appuie sur les forces de tous les hommes et de toutes les femmes pour construire une société plus juste, écologiste, égalitaire, résolument critique du modèle économique actuel, prônant la non-violence et la coopération entre les peuples…
Vous le savez, Québec solidaire propose la mise en place d’une assemblée constituante, une grande assemblée citoyenne élue au suffrage universel, qui aura pour mandat de susciter des débats, partout au Québec autour de deux questions : l’avenir politique du Québec et un projet de constitution. La reprise en main de cette discussion nationale par le peuple nous permettra de sortir enfin de l’impasse actuelle. Car il n’y a pas un geste d’affirmation nationale qui pourra remplacer la véritable question à résoudre : voulons-nous ou non nous donner un pays?
Pour Québec solidaire, la réponse c’est oui. Oui pour se prendre en mains complètement et se donner la responsabilité de déployer les ailes d’un peuple qui se bat depuis des siècles pour préserver sa langue et sa culture.
Le travail à faire !
Notre tâche est loin d’être terminée. Québec solidaire, nous le savons, suscite déjà le respect et l’estime d’une large partie de la population même si cela ne se traduit pas encore par des intentions de vote spectaculaires. Le mode de scrutin actuel conduit plusieurs de nos concitoyennes et concitoyens à voter utile car ils craignent qu’un vote solidaire ne compte pas. Nous devons expliquer inlassablement qu’un vote solidaire compte car il envoie un message : celui qu’une portion grandissante de la population ne fait plus confiance aux discoureurs d’un statu quo qui ne sert que les secteurs les plus aisés et qui permet la dévastation de la nature.
Ici, dans Gouin, nous avons un argument additionnel : j’ai des chances réelles d’être élue lors de la prochaine campagne électorale! Gouin pourrait être l’un des premiers comtés à envoyer Québec solidaire à l’Assemblée nationale.
Mais pour y arriver, mes amis-es, j’ai besoin de votre aide. Non seulement durant la campagne mais dès maintenant. Nous voulons multiplier les assemblées de cuisine, les distributions de tracts, les présences dans les activités du quartier. Donc, votre cuisine ou votre salon peut asseoir 10 personnes? Dites-le nous… Vous pouvez donner un soir par mois pour distribuer des feuillets dans les boîtes aux lettres? Dites-le nous aussi…
Et surtout, faites-vous les porteurs et porteuses de la bonne nouvelle : Françoise peut gagner. Parlez-en à vos voisins-es, amis-es, collègues, parents…surtout ceux et celles qui habitent Gouin. L’espoir est un puissant moteur d’engagement. Lorsque les gens croient un objectif réalisable, ils ont bien plus envie de s’y associer!
Recrutez de nouveaux membres dans Gouin : chacun recrute une personne et ainsi nous doublons le nombre de nos membres, nous ramassons des sous (ceci est non-négligeable!) et nous identifions des bénévoles potentiels pour la campagne.
Je vous invite enfin à demeurer solidaires des personnes et des groupes qui se battent, ici-même, dans Gouin, pour le logement, pour des places en CPE, pour le respect de l’autonomie des organismes communautaires, contre la perte des organisateurs communautaires du CLSC Petite-Patrie.
Encore une fois, merci d’être là, je dirais, comme toujours! Vous êtes, dans les jours plus gris, ce qui me pousse à continuer. Votre soutien, votre amitié, votre affection, votre courage m’inspirent et me font dire qu’avec vous rien n’est impossible. Pas même être élue députée la prochaine fois!

